Source : www.lesechos.fr du 20 Juin 2008
Les taux d'intérêt destinés aux particuliers ont augmenté sensiblement ces dernières semaines, enregistrant des hausses de plus de 0,15 % depuis deux mois. La faute à la remontée brutale début juin de l'OAT à dix ans.
" La période des taux bas est finie ". C'est Christophe Crémer, le président du courtier immobilier en ligne " meilleurtaux.com " qui le dit. Et cette tendance pourrait durer, " au moins deux ans ".Empruntis, la veille, révélait également que le taux fixe moyen des prêts immobiliers sur vingt ans avait franchi la barre des 5 %, " un niveau jamais atteint depuis l'année 2003 ", selon le courtier en ligne. " Les taux d'intérêt destinés aux particuliers ont augmenté de manière notable depuis quelques semaines, enregistrant des hausses de l'ordre de 0,20 % entre début mai et mi-juin ", indiquait encore Empruntis. De son côté, Meilleurtaux relève une hausse de l'ordre de 0,15 % depuis mai, à 4,75 % - " un niveau encore inférieur à celui de janvier 2008 (4,80 %) ".
Pour les courtiers immobiliers en ligne, cette mauvaise nouvelle est entièrement imputable à la remontée de l'OAT à dix ans (obligations assimilables du Trésor), passée de 4,55 % le 2 juin à 4,80 % le 18 juin. " Cette hausse brutale est contraire à ce que beaucoup de banques avaient anticipé puisque beaucoup tablaient sur une OAT à 4,5 % environ à fin 2008. Elles pensaient que les banques centrales savaient désormais maîtriser l'inflation sur longue durée ", souligne Christophe Crémer. Les chocs alimentaires puis pétrolier ont fait éclater cette théorie.
Transaction en baisse
Dès lors, les banques sont contraintes, du moins pour l'instant, de répercuter cette hausse des taux longs sur le taux des crédits immobiliers sous peine de voir leurs marges à nouveau dangereusement se pincer. Certaines parient sur une nouvelle baisse de l'OAT une fois résorbée l'actuelle poussée inflationniste mais la difficulté qu'elles rencontrent pour se refinancer sur les marchés et le resserrement de leur politique de risque ne plaident guère en faveur d'une politique très généreuse à terme en matière de crédit immobilier. De fait, le nombre de transactions a baissé d'au moins 10 % en moyenne depuis le début de l'année.
Cela dit, les bons risques trouveront toujours crédits à leur pied alors que les taux restent encore relativement favorables en France si on les compare à l'étranger (environ 1,5 point de moins) et que le crédit d'impôt permet de gagner 4 % sur la valeur du bien et près de 0,5 point sur le taux du crédit. |